Les Filtres en photographie

En photographie, de tous temps, les preneurs d’images ont utilisé des filtres à la prise de vue.

De nos jours, grâce aux progrès technologiques et informatiques, la plupart d’entre eux n’ont plus vraiment lieu d’exister. Les filtres créatifs comme les filtres stars – qui ajoutent des branches d’étoiles aux sources lumineuses – ou soft focus – qui créent un léger voile esthétique – peuvent aisément être simulés lors du post-traitement.

Il reste trois grandes familles de filtres utiles. Nous avons le filtre protecteur, que l’on préférera au filtre anti UV car leur rendu est neutre. Il y a aussi le filtre polarisant, qui permettait, naguère, de saturer les couleurs du ciel mais qui permet d’autres effets bien agréables. Enfin, il y a les filtres de densité neutres, lesquels permettent de filtrer une partie de la lumière ; ces derniers existent aussi dans une version « graduée » permettant de ne l’appliquer que sur une partie de l’image.

Quels que soient les filtres dans lesquels vous investirez, n’hésitez pas à choisir ceux de la meilleure qualité possible. Il ne faut pas oublier qu’un filtre est un bout de verre et qu’en mettre un devant son objectif modifiera forcément la formule optique. Il serait dommage, sous prétexte d’économiser, d’avoir des photographies « dégradées » et, donc, pas à la hauteur de vos attentes.

Le filtre protecteur restera à demeure sur l’objectif, sauf quand vous devrez utiliser d’autres filtres. En effet, empiler les filtres peut induire du vignetage – bords assombris. Si cela peut se rattraper lors du développement, autant gagner du temps en l’évitant.

Le filtre polarisant n’a plus vraiment d’utilité pour les ciels du fait des capteurs actuels. Cependant, on peut toujours s’en servir pour plusieurs raisons. La principale : il élimine les reflets sur l’eau, sur les vitres, sur les feuilles – eh oui, la lumière se reflète sur les feuilles des arbres et modifie le rendu final. Il n’efface, en revanche, pas les reflets métalliques.

Les filtres de densité neutres (ND) permettent, du fait de leur opacité, de réduire la quantité de lumière qui entre dans l’objectif sans avoir à fermer le diaphragme. On les désigne généralement par un un exposant de 2. Il y a les 2, les 4, les 8, les 16, les 32, les 64… Ceux-ci allongent l’exposition en multipliant la durée par 2, 4 8, 16, 32 ou 64. Il y a aussi des filtres plus puissants nommés 400 et 1000. Le schéma est le même que pour les précédents. Il y a encore plus fort, mais c’est plutôt fait pour photographier le soleil.

L’utilité des filtres ND est multiple : permettre de faire des poses longues est la plus répandue des utilisations. On met l’appareil sur trépied, on cadre, on visse le filtre et on déclenche. Le liveview est un outil idéal pour viser avec le filtre monté. Il suffit d’activer la simulation de l’exposition. Suivant le temps de pose, vous obtiendrez un filé plus ou moins marqué. Cela se verra sur l’eau courante, sur les nuages, mais aussi sur l’herbe et les branches des arbres en cas de vent.

Une autre astuce impliquant un ND est la photographie en plein soleil. Sans filtre, il n’est pas rare de devoir fermer le diaphragme pour que le temps de pose n’excède pas la vitesse maximale du rideau. Souvent 1/8000 seconde. De ce fait, vous vous retrouvez avec une ouverture de f/4 voire plus petite là où vous aimeriez déclencher à f/1,4. Dans l’exemple, pour f/4 pour 100 ISO, on doit gagner trois IL. On prendra donc un ND 8 pour « accrocher » 1/8000s. Sauf qu’on est en plein soleil et qu’un coup de flash ne serait pas de refus pour déboucher les ombres disgracieuses du sujet. On doit donc « tomber » à la vitesse de synchronisation du cobra. Elle est souvent fixée à 1/250 seconde. On doit donc ajouter un ND 32. Sauf qu’on a dit : pas d’empilement. La solution serait donc un ND 256, que je n’ai jamais vu jusqu’à présent. Nouvelle astuce : mettre un ND plus puissant et monter dans les ISO. On tombe donc, avec un ND 1000, à 1/250 seconde, f/1,4 et 200 ISO. Les mathématiques font partie intégrante de la photographie, il va falloir s’y habituer.

Dernière astuce et non des moindres, l’allongement du temps de pose permet d’effacer… les objets en mouvement : voitures, animaux, promeneurs, etc. Avec une luminosité pas trop forte, exposer à f/16 avec un ND 1000 vous permettra d’atteindre plusieurs minutes d’exposition. Évidemment, il vous faudra déclencher sur pied avec une télécommande en calant le boîtier, généralement limité à 30 secondes, en mode bulb (B), mais le résultat peut être bluffant.

Enfin, il y a les filtres dégradés. Il s’agit de filtres en partie de densité neutre. L’autre partie étant un verre clair. Il permet de rattraper un ciel trop lumineux par rapport au sol. Son usage est assez complexe et on préférera utiliser une monture de type Lee Filters pour leur usage. J’aborderai le sujet dans un prochain article.

Si vous choisissez des filtres à visser, basez-vous sur le plus grand diamètre que vous ayez – ou que vous convoitez – parmi vos objectifs. Si on peut utiliser des adaptateurs pour de plus petits diamètres, le contraire induira là aussi un vignetage. Voici ma liste de filtres à posséder : un protecteur par objectif, un polarisant circulaire, un ND 8, un ND 64 et un ND 1000, un GND 8. Cela devrait suffire dans la plupart des cas de figure.

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